La démocratie Web 2.0 est-elle profitable pour la musique ?
Cédric L. - publié le Jeudi 13 Septembre 2007 à 11h15 - posté dans Musique Numérique
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La direction artistique de Sony BMG annonçait il y a quelques mois son intention de refuser l'envoi de démos CD pour mettre en place deux blogs communautaires où les prétendants à une signature pourraient publier leurs morceaux. Aujourd'hui, c'est EMI qui dévoile son initiative Web 2.0. La major annonce ScoutR, un réseau social dans lequel les artistes seraient soumis à la vindicte populaire afin de repérer ceux qui mériteraient d'être développés. "Notre but est de rapprocher les artistes et la musique des consommateurs et  de créer un dialogue direct avec les fans" explique Mark Collen, vice président de la major.

Ce n'est pas la première fois que l'on fait appel aux réseaux sociaux pour dénicher les artistes à signer, et les concours MySpace pour faire la première partie d'un concert ou décrocher un contrat d'enregistrement ne cessent de fleurir partout. On peut voir le phénomène sous deux aspects. D'un côté, il rétablit un équilibre des forces entre les artistes. Il n'est plus vraiment nécessaire de travailler suffisamment le terrain ou de connaître personnellement le directeur artistique d'une maison de disque pour espérer décrocher une signature. Tout le monde a sa chance.

Le revers de la médaille, c'est qu'il renforce cette espèce d'inutilité que l'on projette de plus en plus sur les maisons de disque. Le travail d'un bon directeur artistique, c'est bien de dénicher la petite perle inconnue et bourrée de talent pour la porter aux yeux du public. Mais celui-ci se perd maintenant au profit du Web 2.0 et baisse encore le risque pris par la maison de disque. Le parti pris disparait, on préfère faire confiance au buzz plutôt que d'avoir le courage de croire en un projet incertain. Que devient cet espoir de découverte que l'on plaçait dans les labels ? Rien du tout. Les artistes n'ont plus besoin de maisons de disque pour sortir de l'ombre. D'ailleurs, ont-ils encore réellement besoin de maisons de disque ? Si la tendance se confirme, les dénicheurs de talent, ceux qui ont parfois misé sur des projets auxquels personne ne croyait et qui ont été à la base de véritables révolutions musicales disparaitront au profit du plébiscite populaire. Pour le meilleur, ou pour le pire ?

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EMI, MySpace
 
 
3 commentaire(s)
 
djjeffo...
Le 13 Septembre 2007 à 12h40


EMI n'invente rien

La Grosse Radio fait déjà ça et très bien depuis au moins 2 ans avec leur "Antenne interactive".........

De plus la Grosse Radio est crédible alors que EMI , BMG ......NON !
pleindeuss
Le 13 Septembre 2007 à 13h21
 
la démocratie n'est valable que pour un peuple cultivé, si on a affaire a une majorité d'imbéciles, ca donne les usa...

pour la musique, si elle emprunte ce chemin la, il est fort probable qu'on ira vers une idiocratie plutôt qu'une élitocratie, vu l'aculturisme majeur qui règne dans notre beau monde...

alors je suis à fond pour ce système de diffusion de la musique (comme je trouve la base de la démocratie américaine réellement fabuleuse) mais à condition que le boulot éducatif en amont (parents, profs etc) soit bien fait.

maintenant lâcher des siècles d'assistanat culturel, ca se fait pas en 2 minutes...
Remix
Le 13 Septembre 2007 à 14h02
 
[quote name='Cédric L.' date='13/09/2007, 10:16' post='906753']
<p>LPour le meilleur, ou pour le pire ?</p>

Pour le pire bien sûr !
Le plébiscite populaire, c'est la loi de l'audience immédiate, c'est TF1, c'est NRJ, c'est Star Ac.
A moins que l'on ne puisse construire des réseaux sociaux intelligents, à mémoire, capables d'établir des pondérations, spécialisés, etc..

Quoi qu'il en soit, si un individu ou une entreprise décide d'investir sur un projet artistique, sur un artiste, il y a à un moment ou à un autre un choix humain. Rien ne remplace aujourd'hui ce choix humain. Aucun algorithme d'intelligence artificielle n'est capable de déceler ni le talent, ni le potentiel de succès.

Que le réseau social devienne un des outils (un parmi d'autres) qui permettra au décideur de se faire son opinion est une évidence. Cela a toujours été le cas.

La question que l'auteur de l'article ne pose pas est de savoir comment va s'opérer la concurrence entre les différents réseaux sociaux. Les historiques (MySpace...), ceux qui émanent des médias (Skyblog...), ceux qui émanent des maisons de disques.

Question subsidiaire : Combien de réseaux sociaux musicaux peuvent vivre en France ?
A la fois en terme de revenus (publicitaires ou autres) et en terme d'effet de masse (combien faut-il avoir de visiteurs réguliers pour être un réseau social musical qui tient la route ?).

Si la rédaction a des éléments de réponse, ça m'intéresse !

Cordilament,

Remix
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