70 % d'augmentation des contenus générés par les utilisateurs en 2007
Guillaume Champeau - publié le Vendredi 18 Janvier 2008 à 17h27 - posté dans Société 2.0
Pirater cet article !
Imprimer

Selon une étude de Research and Markets, le nombre de contenus générés par l'utilisateur (UGC) en 2007 se seraient élevés à 22,4 milliards de contenus, en augmentation de 70 % par rapport aux 13,2 milliards en 2006. Ils estiment que leur nombre devrait encore progresser de 52 % (c'est précis) en 2008, avec 34 milliards de contenus créés non pas par les studios professionnels d'Hollywood ou des maisons de disques européennes, mais par les consommateurs eux-mêmes.

Le rapport précise que 831.147 vidéos ont été ajoutées à YouTube en 2007, pour un total de 1.176.23 vidéos envoyées aux principaux sites de partage de vidéos en ligne. En moyenne, une vidéo UGC a réuni 10.695 lectures, ce qui semble relativement élevé et encourageant sur le développement de ces contenus générés par les utilisateurs.

Ce qui pose la question de l'avenir du droit d'auteur

Chacun de ces 22,4 milliards de contenus sont protégés par le droit d'auteur au même titre que les contenus (beaucoup, beaucoup moins nombreux)  créés par les professionnels. Dès lors, qui le droit d'auteur doit-il protéger en priorité, et sous quelles conditions ?

Ne faut-il pas autoriser par défaut la copie des oeuvres à titre non commercial, et ne l'interdire que si les créateurs le souhaitent et payent pour ce droit une redevance annuelle à l'image de ce qui est pratiqué sur les brevets ?

Le droit d'auteur qui interdit par défaut l'exploitation de toute oeuvre sans autorisation explicite de l'auteur est-il réellement adapté aux pratiques de l'ère du tout numérique, et aux désirs de la majorité des créateurs de contenus ?

Est-il logique d'imposer un formalisme (les licences de type Creative Commons) à ceux qui - de plus en plus nombreux - ne souhaitent pas interdire à la société l'exploitation de leurs oeuvres, et de n'imposer au contraire aucune contrainte pratique à ceux qui veulent faire de leurs oeuvres un métier et une ressource financière, et imposent ainsi des restrictions à la société ?

Vous avez aimé cet article ?
Pirater cet article !
Diffuser sur
Publier sur mon Facebook
YouTube, Dailymotion, Flickr
 
 
9 commentaire(s)
 
Pieno76
Le 18 Janvier 2008 à 21h29
 
Personnellement je ne suis pas d'accord avec une fin des droits d'auteurs - et même des droits de rémunération sur ces mêmes droits - à cause des UGC.

Pourquoi :
- Car tout créateur à le droit d'être rémunéré.
- Car sans les UGC, les sites commerciaux diffusant ces derniers (youtube, dailymotion, myspace,...) seraient morts et enterrés.

Perso, je pense que les sites générant du fric à partir d'oeuvres devraient reverser une partie de leurs bénefs aux auteurs. A noter que je ne définis pas là les auteurs comme "les auteurs des majors" mais aussi bien tout ceux qui créent les UGC.

Ces nouvelles rémunérations seraient paradoxalement le meilleur moyen d'inciter les artistes de talent à s'émanciper des majors.

Ce serait du gagnant-gagnant autant pour les sites diffusant les UGC (qui verraient la qualité de ces derniers augmenter) que pour ceux qui les créent. Tous ceux qui les créent.
djjeffo...
Le 18 Janvier 2008 à 21h56


Débat hyper complexe car aujourd'hui celui qui envoie une vidéo sur You Tube n'est souvent même pas l'auteur et n'a même pas l'accord de l'auteur
AvidaDo...
Le 18 Janvier 2008 à 22h20
Bon alors, je me mets en mode cynique

Peut-on définir le Web 2.0 comme le moyen (et l'art) pour une entreprise de faire travailler ses clients à sa place ?

Youtube, Flickr, Ciao.fr, etc.. Tout ces sites qui se contentent d'ouvrir un espace virtuel, et de dire aux utilisateurs :"allez y , bossez pour nous, remplissez notre boutique et fabriquez nos produits, afin qu'on puisse facturer l'espace pub à nos annonceurs "

Comme quoi, les humains ne demandent qu'a être exploités par d'autres et ce de manière consentante, du moment qu'on le leur demande gentiment...

Fin du mode cynique
cristovil
Le 19 Janvier 2008 à 02h14


Certes le concept est génial, il faut l'admettre.

Mais on peut penser que ceux qui postent les vidéos en retirent un certain plaisir. Si leur "oeuvre" est bonne, qu'elle a du succès etc, il en retirent une petite notoriété. Et qui sait, ils passeront peut être au stade supérieur en étant repéré par un producteur qui souhaiterait utiliser leur talent.

Grace à ces sites, ils profitent d'une diffusion et d'une visibilité qu'ils n'auraient pas s'il se contentaient de faire un pauvre blog dans leur coin, ou poster leur vidéo dans des forums.
Philgri
Le 19 Janvier 2008 à 08h32
 
Bonjour à tous,

Tout d'abord, les licences, les droits d'auteurs, droits voisins et autres brevets sont bien l'un des gros points noirs sur lesquels il nous faut focaliser, pour pacifier le débat. C'est la première des erreurs de la Dadvsi, et ce problème, nombreux d'entre nous l'avons soulevé depuis un bon petit moment déjà.

Nos instances culturelles, et c'est un comble, sont déconnecté des pratiques culturelles. Il est évident qu'elle regarde la manne financière avant l'expression des œuvres qui forment notre culture. Le réseau et l'outil informatique sont indissociables de l'expression culturelle d'aujourd'hui et de demain.

La communication étant un point central, les états cherchent coûte que coûte de garder le monopole de l'information.

Or, notre évolution humaine est basée sur le langage et la communication. Avec le réseau, elle s'est démocratisée offrant au plus grand nombre des moyens de s'exprimer avec des techniques adaptées à chaque niveau. Le multimédia n'est pas nouveau, et nous nous devons de le prendre comme une évolution sans précédent dans l'histoire humaine.

D'autant plus que cette évolution est mineure, ce sont les conséquences qui en sont majeurs et surtout internationales.

Refuser les évidences, c'est aller dans le mur. Taxer cette innovation, est une absurdité, car nous ne comblerons jamais les pertes qu'elle engendre dans les multiples secteurs concernés.

La seule solution c'est d'accompagner et de développer cette évolution majeure, car nous allons en avoir un sacré besoin incessamment sous peu. Hélas, force est de constater que nous n’y sommes pas préparés. Ni humainement, ni techniquement, ni philosophiquement, ni politiquement, ni économiquement, ni socialement…

En gros, nous sommes dans la merde. Et il va falloir redessiner nos sociétés et leurs fonctionnements, c'est plus qu' URGENT…

Que les meilleurs gagnent, c'est la seule règle qui fera foi! Donc, continuons comme cela, et c'est le conflit assuré! Les meilleurs ne sont hélas pas toujours les plus attentionnés, les plus respectueux de la condition humaine… loin s'en faut !

Je ne vais plus avoir trop de temps pour partager avec vous tous des opinions. Les turbulences se font ressentir. Elles iront crescendo pendant au moins 6 mois… et peut-être bien plus…

Je garde toujours un œil et une feuille, sur vos commentaires et vos sujets…




Jongsoo
Le 19 Janvier 2008 à 15h29


En bonne partie oui. Un moyen aisé pour quelques malins de se faire des gonades en or en laissant quelques millions de pigeons travailler à leur place. Et dans la bonne humeur, avec ça. Something Awful avait pondu un article ironique allant dans ce sens suite à la désignation des internautes comme "personnalité de l'année" par le Time, plutôt bien foutu.
Achille
Le 19 Janvier 2008 à 21h07
Peut-on parler de travail quand il s'agit d'uploader une video qu'on aura éventuellement passer quelques minutes à éditer ?
D'un autre côté, les Youtube et consorts, s'ils ne "travaillent" pas, fournissent les serveurs, des serveurs qui doivent être robustes pour rester en ligne 24/24h, résister aux attaques et autres...
Et tout ça gratuitement, faut-il le rappeler ?
Pieno76
Le 21 Janvier 2008 à 18h19
 


Certes, et cela leur donne bien sûr le droit de se prendre un gros % sur la pub, mais qu'ils laissent un % aux créateurs, c'est tout ce qu'on demande.

Par analogie, on pourrait dire qu'avant le net, les majors fournissaient bien l'équivalent de ce service aux artistes (avec en bonus le travail de promo). Auraient-ils du garder 100% du fric générés par les travaux de ces artistes pour elles ? (Je sais, c'est pas loin de ce qu'elles ont fait, mais 7%-8% d'un méga tube fait une belle somme, alors que 0%, sur un bide comme sur le succès du siècle, ça fera toujours 0!)
Achille
Le 23 Janvier 2008 à 21h10
Tu vas pas comparer les artistes qui font un métier et ceux qui filment leur video du dimanche pour rigoler, ou mieux, qui pompent des images sous copyright et ajoutent une petite musique par-dessus en considérant que c'est une oeuvre d'art.

A ce train-là, on pourrait aussi dire que tous les meubles Ikea devraient être gratuits parce qu'on les monte soi-même.

Non mais, le beurre, l'argent du beurre et le cul de la cremière...
Votre avis nous intéresse ! Vous pouvez ajouter un commentaire en vous connectant ou en vous inscrivant facilement sur Numerama
Partenaires

Candy-flower
Numerama est un site du réseau PressTIC