Lionel Thoumyre : La licence globale doit faire l'objet d'un vrai débat public. Mais cette mascarade qui consiste à lancer à la va-vite deux ou trois bons mots assassins tels que « la licence globale, c'est la mort du droit d'auteur » - fondés sur des idées fausses, ce ne sont pas des critiques. C'est de la caricature qui confine à de la désinformation. De l'autre côté, vous avez une majorité silencieuse, représentée par 75% des internautes favorables à la licence globale et par 13 482 artistes signataires d'une pétition en ce sens. Pour en venir à la viabilité économique, c'est simple : quelle est la viabilité économique de la radio, de la télévision, de la copie privée sur les supports d'enregistrement ... ? Est-ce que ces différentes utilisations ont porté ombrage aux ventes de musiques ou aux entrées dans les concerts ? Non. La licence globale sur internet n'a pas plus vocation à se substituer à la vente de disques, aux sites de téléchargement commerciaux et encore moins au spectacle vivant. Dès lors, elle n'a pas non plus vocation à devenir la seule source de rémunération de l'artiste. Elle doit permettre de dégager une source de revenus complémentaires pour les artistes. Les sommes qui pourraient être soulevées par une licence globale optionnelle seraient comprises entre 300 et 400 millions d'euros par année.