Droits d'auteur : 14 ans de protection avant le domaine public ?
Guillaume Champeau - publié le Mardi 17 Juillet 2007 à 11h49 - posté dans Société 2.0
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Pivot du droit d'auteur, la durée de protection des droits est rarement placée au centre des débats. Elle est pourtant essentielle. Dans un mémoire publié ce mois-ci, le chercheur britannique Rufus Pollock calcule qu'une durée optimale de protection d'une oeuvre serait de 14 ans après sa création.

De toute l'histoire du droit d'auteur, il est une constante : l'augmentation régulière de la durée de protection. Elle est passée de 14 ans renouvelable une fois après la création de l'oeuvre avec le Statute of Anne de 1710 (la première loi sur le droit d'auteur dans le monde) à au moins 50 ans après la mort du créateur avec la convention de Berne (en Europe, c'est 70 ans post-mortem). Or cette durée est une variable fondamentale qui doit être appréciée avec grande précaution. Elle est le fruit d'une construction mentale aussi bien philosophique qu'économique et sociale.

Pendant toute la durée de protection des droits, l'auteur de l'oeuvre et les titulaires de droits voisins (producteurs, artistes-interprètes...) jouissent de droits exclusifs qui, comme leur nom l'indique, excluent le public de la jouissance de l'oeuvre, sauf à monayer une autorisation. Or le droit d'auteur est d'abord un contrat social passé entre la société et les créateurs. La société souhaite disposer d'oeuvres artistiques pour s'épanouir, et les créateurs souhaitent pouvoir vivre de la création de ces oeuvres. Il a donc été décidé d'octroyer un monopole temporaire pendant lequel l'auteur pourrait monayer la diffusion et l'exploitation de son oeuvre, le temps de la rentabiliser pour en créer une autre. La société attendrait que l'oeuvre passe dans le domaine public, après expiration du monopole, pour en jouir pleinement et sans frais supplémentaire. En attendant, les plus aisés dans la société aiderait l'auteur à vivre de sa création.

Or en repoussant toujours plus loin le temps de passage au domaine public, le législateur repousse d'autant le bien être de la société et dans une certaine mesure l'encouragement à la création. Un auteur qui dispose d'une rente à vie sur une oeuvre à succès n'est pas encouragé financièrement à créer une nouvelle oeuvre pour le bien de la société.

Durée rationnelle contre dureté du lobbyisme

Sur ces bases, le chercheur Rufus Pollock a mis au point des équations  complexes (.pdf) pour calculer la durée optimale de protection des oeuvres, là où les courbes du bien-être de la société et du bien-être des artistes se croisent en leur plus haut point. Après avoir posé les bases théoriques de son calcul, cet étudiant de Cambridge a pris en compte les données chiffrées à sa disposition pour calculer que la durée optimale de protection serait autour de 14 années après la création de l'oeuvre. Soit deux fois moins que la durée maximum fixée en 1710 par le Statute of Anne. Pour comparaison, on considère qu'une oeuvre est aujourd'hui protégée entre 70 et 120 ans après sa création, en fonction de l'âge de son auteur.

Le fait que la durée optimale calculée soit inférieure à celle prévue dans la première loi sur le droit d'auteur n'est pas tout à fait un hasard. Dans son mémoire, Pollock explique que la durée de protection doit baisser à mesure que le stock d'oeuvres disponibles augmente. En 1710, il fallait construire une base culturelle à diffuser à travers l'Angleterre. En 2010, la société dispose déjà de millions d'oeuvres créées de longue date, fixées et distribuées maintenant numériquement. Il faut moins de nouvelles oeuvres pour assurer le même bien être social, explique en substance le chercheur. De plus, les nouvelles technologies baissent considérablement les coûts de production et de diffusion des oeuvres, et donc le seuil de rentabilité.

Pollock encourage donc les législateurs à ne pas étendre la durée de protection des droits et même à commencer à les réduire progressivement pour les nouvelles oeuvres. Encore faut-il qu'il puisse être entendu. Comme le note lui-même le britannique, "le niveau de protection n'est en général pas déterminé par un législateur bienveillant et rationnel, mais plutôt par le lobbying". Il se trouve de fait beaucoup moins de lobbyistes à demander un abaissement de la durée de protection que de lobbyistes intéressés par une durée de protection toujours plus forte :  maisons de disques, studios de cinéma, presse écrite, éditeurs de livres, éditeurs de logiciels, créateurs de bases de données, dessinateurs, chorégraphes, compositeurs, architectes, etc., etc.

Cette divergence entre l'intérêt général rationnel et l'intérêt particulier protégé par les lobbys n'est cependant pas une exclusivité du droit d'auteur. Les associations de protection de l'environnement en savent quelque chose. Elles, en revanche, ont commencé depuis longtemps à s'organiser pour résister.

(merci à Kraftonz pour l'information)

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Droit d'auteur
 
 
55 commentaire(s)
 
Neuro
Le 16 Juillet 2007 à 22h28
14 ans. Cella parait "réaliste" en effet. Et après plus de royalties.
Laurent...
Le 16 Juillet 2007 à 22h28
 


Ce serait une hérésie pour la musique contemporaine.
A titre d'exemple l'opéra Saint François d'Assise d'Olivier Messiaen n'est toujours pas amorti plus de 30 ans après sa création.

LP
ze_katt
Le 16 Juillet 2007 à 22h47

Il le sera pas dans 1000 ans. C'est limite pas écoutable.
Puis il faut des dizaines de musiciens pour le jouer.

Un autre exemple?
Neuro
Le 16 Juillet 2007 à 22h52

Ah oui ? Comment cela est possible ??? C 'est une exception se dont tu (vous) fait(es) référence là .
ze_katt
Le 16 Juillet 2007 à 22h59

Meme dans le monde de la musique classique c'est une exception

Il reste le temps de le rentabiliser, il sera dans le domaine public en 2063
Kad Redal
Le 16 Juillet 2007 à 23h04
Merci pour cette info

Peu importe que certaines oeuvres ne puissent être rentabilisées. Si elles ne le peuvent pas dans le temps imparti pour le bien du plus grand nombre, elles ne doivent pas être créées. Ca n'est pas être un bourreau artistique que de le dire, c'est de la simple logique économique. Dans toutes les professions il y a des lois économiques à suivre, des risques à prendre et d'autres à fuir. Vouloir une assurance tout risque pour toutes les oeuvres est une excellente manière d'assécher la création.
Natasha
Le 16 Juillet 2007 à 23h08


14 ans serait effectivement la juste durée pour le droit d'auteur.

En ce qui concerne l'exemple donné de "l'opéra Saint François d'Assise d'Olivier Messiaen, n'est toujours pas amorti plus de 30 ans après sa création"...
Qui pourrait sincèrement croire qu' Olivier Messiaen ait un jour composé cet opéra en vue d'en tirer un quelconque profit ? Et d'ailleurs, si tel était le cas, auprès de qui supposait-il en tirer profit ?

Je ne pense pas que cet exemple soit très significatif, pour en tirer un quelconque argumentaire sur la "juste durée" du droit d'Auteur.


Il existe également des milliers de sculpteurs ou de peintres qui n'arrivent pas à vivre de ce qu'ils appellent "leurs oeuvres d'art" ....

Que peut-on y faire ? Se forcer à assister à des opéras que l'on apprécie pas, acheter des CD de ces opéras que l'on aime pas ? Acheter des peintures ou des sculptures pour lesquelles on ne ressent aucun attrait ?

C'est le public qui décide du succès ou de l'insuccès d'une oeuvre. Et c'est heureux !

Sinon, il faut nationaliser la Culture !

hft0
Le 16 Juillet 2007 à 23h11
 


la musique contemporaine que moi j'écoute dois être très différentes de celle dont vous parlez ceci dit
kraftonZ
Le 16 Juillet 2007 à 23h12


là par contre, je vais rejoindre M. Petitgirard:

il y a des oeuvres qui devraient être jouées au moins une fois, et archivées puis commercialisées puis distribuées.

par exemple: le pavillon aux pivoines.

http://pluton1.club.fr/citation/pavillon.htm

et heureusement qu'il y a eut des mécènes !

19h de spectacle (avec des pauses toutes les 3h pour acheter un sandwich et aller aux lavabos.)



magnifique, magique, mais en V.O.

la magie reste au petit écran.

Quid de certaines oeuvres obscures contemporaines ?

par exemple, je me suis vraiment ennuyé pendant la piêce "Sainte Jeanne des Abbatoirs..."
(comédie musicale contemporaine)

les gouts et les couleurs me direz vous ....
ze_katt
Le 16 Juillet 2007 à 23h14
Je sais pas si il faut parler de rentabilite dans ce cas la. Ce genre de musique n'est pa faite pour etre rentable. Elle est d'ailleure largement subventionnee sous pretexte de culture.

Mais c'est malhonnete de mettre tout le monde dans le meme panier. C'est un peu comme comparer un pavillon de banlieue et la pyramide du Louvre.

A l'inverse, la chanson Milord chantee par Piaf dans les annees 60 et ecrite par Moustaki est largement rentabilisee. Son auteur n'etant pas mort, elle n'est pas prete d'etre dans le domaine public. Je l'ai entendu dire (je sais plus ou desolee) qu'il a vecu toute sa vie comme un prince grace a cette unique chanson.
kraftonZ
Le 16 Juillet 2007 à 23h21


Question stupide:

à part les oeuvres de Pierre Henry, la musique contemporaine est elle amortissable ?



Bon, Ok, Xenakis et M. Boulez en vive/vivait très bien.

par contre, est ce que ça se vend bien (par curiosité)

et autres questions:

les musiciens de la veine contemporaine gagnent ils plus leurs vies avec leurs concerts qu'avec leurs cd ?

en vous remerciant !
hft0
Le 16 Juillet 2007 à 23h56
 

je m'étonne de voir l'argument du "petit artiste" (dans le sens faibles revenus) sortir dans ce cas alors que lorsqu'il s'agit de la répartition des revenus SACEM il est qualifié de normal le fiat qu'un "petit artiste" touch moins vu qu'il est moins diffusé En gros le mec qui fait des trucs hors top 50 parfois on s'en fout ... parfois il est important ...
AvidaDo...
Le 17 Juillet 2007 à 00h03

En même temps, avec e-mule et cie , c'est pas demain la veille qu'elle va être rentabilisée, "l'oeuvre"...
TotoRhino
Le 17 Juillet 2007 à 00h13

Exact, je plussois comme il est coutume de dire .
Si cette oeuvre ne peut être rentabilisée au bout de 30 ans, il ne fallait pas l'interpréter ou alors en connaissance de cause.
AvidaDo...
Le 17 Juillet 2007 à 00h35

Non, je crois que LP dit juste que le "petit artiste(au sens faibles revenus)" a besoin de plus de temps pour se rentabiliser que l'artiste Top50 , et qu'il doit donc avoir cette possibilitée là. (mais bon, si au bout de 30 ans ça ne se rentabilise toujours pas,euh.. il vaut mieux en faire don à l'humanité , non ? )
Kad Redal
Le 17 Juillet 2007 à 11h49
Pivot du droit d'auteur, la durée de protection des droits est rarement placée au centre des débats. Elle est pourtant essentielle. Dans un mémoire publié ce mois-ci, le chercheur britannique Rufus Pollock calcule qu'une durée optimale de protection d'une oeuvre serait de 14 ans après sa création.

Lire la suite
Rampa
Le 17 Juillet 2007 à 13h11
Donc on arrête les droit d'auteur pile le jour où la musique est dite "rentabiliser" ?

De toute façon je ne comprends rien à cette notion de "rentabiliser la musique"... sur quel critère on dit qu'elle est rentabilisé ?

14 ans me paraît un bon chiffre car ça à au moins le mérite de pousser l'auteur à au moins une des deux choses suivantes :
- se bouger le cul et écrire d'autre chanson
- mettre un max de coté en sachant qu'après son unique tube il aura peau de zob

Mais bon heureusement tous les auteurs ne sont pas des rigolos qui n'ont bossé qu'une foi dans leur vie... par exemple Elton John et Bernie Taupin écrivent encore en ayant eu une carrière de plus de 30 ans. Elton John qui pour mémoire donne depuis plus de 10 ans tous ses royalties issus des US et de l'UK au bénéfice de sont association contre le sida... comme quoi on peux vivre très bien sans avoir de royalties !

PS : et oui moi aussi je peux prendre des cas atypiques pour faire de plates généralités
Seri
Le 17 Juillet 2007 à 13h29
 

Ca n'engage que moi, même si je pense que l'industrie de la musique sera d'accord vu qu'ils clament sans cesse que seuls les plus gros qui sont téléchargés et pas les "petits" artistes, mais je doute qu'Olivier Messiaen soit très téléchargé illégalement.
Personnellement, après l'avoir subi en cours de solfège formation musicale et au bac, j'ai plutôt tendance à le fuir.
AvidaDo...
Le 17 Juillet 2007 à 13h45

A vrai dire, personne n'en sait rien. Il ya autant d'études affirmant que les "petits" sont autant téléchargés que les "gros", que d'études affirmant le contraire...
AvidaDo...
Le 17 Juillet 2007 à 13h50


Moi j'aurais envie de dire, la durée devrait être jusqu'a la mort de l'auteur. Mais j'ai peur que ça n'entraine une nette augmentation des tentatives de meurtre envers les artistes...
killerz
Le 17 Juillet 2007 à 14h04
 


Parler d'amortissement pour un opéra tirant son nom du fondateur de l'ordre franciscain, qui prône la pauvreté absolue, il n'y a que moi que ça choque ?!

Pour rappel (source wikipédia) : "Au début de 1208, dans la chapelle de la Portioncule, François comprend enfin le message de l'Évangile : « Dans votre ceinture, ne glissez ni pièce d'or ou d'argent, ni piécette de cuivre. En chemin, n'emportez ni besace, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton » (Matthieu 10,9). Il se retire dans une pauvreté absolue, se consacrant à la prédication et gagnant son pain par le travail manuel ou l'aumône. Il change son habit d'ermite pour une tunique simple. La corde remplace la ceinture. il est probable que sa fréquentation des lépreux date de cette époque et de la stabilité qu'il pouvait trouver auprès de la léproserie voisine."

Le nom de l'opéra, c'est juste un coup marketing, ou y'a t-il vraiment un hommage rendu à St François d'Assise ? Parceque le plus bel hommage, ce serait quand même de respecter ses idées, et donc d'éviter de parler "amortissement" !

Quant aux 14 ans de durée, étant bibliothècaire, et voyant chaque jour les attaques que subit le domaine public et l'intérêt collectif, je trouve que c'est non seulement juste, mais nécessaire à un service public culturel de qualité, n'en déplaise à certains. Ce systéme de rente sur plusieurs générations, c'est ni plus ni moins que la réhabilitation des privilèges féodaux issus de la filiation généalogique. Bref, un anachronisme ...
deusirae
Le 17 Juillet 2007 à 14h10


Je vais reposer la question que j'avais posé il y a longtemps à M. Petitgirard :

Pourquoi est-ce que je ne touche rien sur le travail que j'ai fait il y a 1 an ?
Quand j'installe un serveur ou un réseau, on ne veut pas me payer tnat que des gens l'utilisent...

Pourquuoi est-ce que je ne touche rien sur le travail qu'à fait mon père toute sa vie ?
Quand des gens utilisent les bâtiments qu'il a construit (conducteur de travaux en BTP), ils payent pour les utiliser, mais moi j'ai rien !

Mon grand-père était artiste (architecte, et oui, l'architecture est un des arts majeurs). Pourquoi ne dois-je rien toucher sur chaque visite/vente/location de ses réalisation quand un ami (fictif) touche sur chaque diffusion d'une musique écrite par son grand-père à lui ?

Si la musique est une marchandise comme les autres (contrefaçon=> pas de différence entre copier un CD pour son usage perso ou faire de la revente de masse de montre), pourquoi les producteurs de ce bien de consomation ont-ils un statut particulier qui leur permet de toucher à vie ?

Imaginez la même chose appliquée à la création :
Peugeot touche à chaque fois que vous démarrez votre voiture, à chaque fois qu'on la voit dans la rue, et ce 70 ans après la fin de la fabrication de la série !!!
AvidaDo...
Le 17 Juillet 2007 à 14h19

ben c'est un peu l'équivalent d'une licence technologique. A chaque fois que tu implementes le format mp3 dans un lecteur soft ou hard, l'inventeur (phillips, pour le mp3 ?) touche une petite somme dessus, et de même pour une myriade de technologies dont on vend uniquement une licence d'utilisation. Pareil pour la musique, c'est une licence d'utilisation. Mais Laurent Petitgirard pourra détailler ce sujet mieux que moi.
deusirae
Le 17 Juillet 2007 à 14h28
Sauf que si on fait le parallèle à fond, il faudrait que :

- phillips touche (la major), et ce 50 ans je crois après l'utilisation de la technologie (enregistrement de l'oeuvre)
- l'ingénieur en chef touche (le compositeur), et ses héritiers 70 ans après sa mort
- le chef de projet touche (l'auteur des paroles), et ses héritiers 70 ans après sa mort
- les technicien touchent (les musiciens), et ce pendant je ne sais combien d'années.

Et tous touchent aussi sur tous les supports pouvant éventuiellement servir à mettre du MP3 pendant cette même durée, proportionnellement à l'utilisation du MP3 par rapport aux autres formats musicaux, et non par rapport à la proportion de support utilisés réellement pour du MP3 (taxe sur les supports vierges systèmatique et non pas en fonciton de la réelle utilisation en copie privée).

De plus, cela ne répond pas à la question : pourquoi l'architecture n'est-elle pas considéré comme un art pour les droits d'auteurs ?
Natasha
Le 17 Juillet 2007 à 14h32

Ben non, justement ce n'est pas pareil pour la musique, puisqu'il s'agit en l'espèce d'une protection de "droit d'auteur", lequel bénéficie de privilèges exorbitants ...


pleindeuss
Le 17 Juillet 2007 à 14h41
 



bien dit

depuis toujours la culture a vecu en etant reprise de main en main par des generations d'auteurs d'autant plus au départ lorsqu'elle était essentiellement orale.

le pb c'est que en mm temps que se perfectionne et s'immortalise l'enregistrement de cette culture, son émancipation et sa diversification tend a se minéraliser aussi.

la culture doit etre un gaz et mobile et volant, elle doit se dissoudre en toute chose et que partout elle habite le monde. la culture ne doit pas etre un roc et couler au fond de la mer puis remontée de temps à autre par des plongeurs expérimenté et exibée comme un trésor à l'abri d'une vitre d'un musée.
AvidaDo...
Le 17 Juillet 2007 à 14h46


On pourrait dire que l'auteur (et malheureusement pas que lui, mais des tonnes d'intermediaires aussi) accorde une licence d'utilisation (écoute, diffusion) contre rémunération.

Quant aux " privilèges exorbitants", faut pas exagérer quand même... S'il y bien un métier où la précarité est quasiment guarantie pour la vaste majorité, c'est bien le métier de musicien (et d'artiste en général).
ze_katt
Le 17 Juillet 2007 à 14h57
Une oeuvre est protegée et rapporte de l'argent 70 ans apres la mort de l'auteur.

Par exemple, Jules Vernes a rapporte de l'argent a ses heritiers jusque dans les annees 80. A cette epoque, les heritiers ont fort heureusement redecouvert un manuscrit non edité au fond d'un tiroir. Et hop c'est reparti pour 70 ans de plus.

Tu parles d'une precarite.
cmezza
Le 17 Juillet 2007 à 15h15
Ou faut faire comme dans l'industrie pharma, quand un brevet sur une molécule arrive à expiration, on lui trouve une nouvelle application thérapeutique et c'est reparti pour quelques années.
Dans la culture, ça équivaudrait à rajouter une moustache à la Joconde, tailler le kiki de David un peu plus en pointe, rajouter 3-4 notes à une chanson... Ah, oui mais là ils y ont déjà pensé!
AvidaDo...
Le 17 Juillet 2007 à 15h22


Jules Vernes est aux écrivains ce que Bill Gates est aux informaticiens. Les informaticiens roulent tous sur l'or , c'est connu. (et les musiciens aussi donc)
Topless
Le 17 Juillet 2007 à 15h25


pourquoi toujours parler des exceptions ?

intermittent du spectacle ça te dit quelque chose ?
ze_katt
Le 17 Juillet 2007 à 15h32

oh que oui ca me dit quelque chose. J'en ai plein dans ma famille et dans mon entourage. C'est pas un droit d'auteur de 150 ans qui va les aider a bouffer. Par contre pouvoir jouer comme ils veulent des oeuvres de plus de 20 ans sans payer de royalties à des millionnaire, ca pourrait les aider aussi bien pour faire des CD que pour les concerts.
Jean_R
Le 17 Juillet 2007 à 16h20

+1 Rampa, si même ici on ne parle des droits d'auteur qu'en terme de rentabilité, c'est peut être adopter un mode de pensée que l'on critique beaucoup sur ce forum, celui des majors.
Tuxman
Le 17 Juillet 2007 à 19h48
droit d'auteur ok
mais uniquement du vivant de l'auteur/interprete/compositeur. en aucuns cas les héritiers et la maison de disque ne peuvent
prétendre a quoi que ce soit.
aprés des clous, des nêfles....cela tombe dans le domaine public sans aucunes possibilité d'appel.

raz la kafetiére de ce faire tombre par ces rapaces.
Natasha
Le 17 Juillet 2007 à 22h45


Nous parlions du droit d'auteur, c'est à dire du droit reconnu aux auteurs compositeurs de musique. Ce qui n'est pas le cas des musiciens ou autres chanteurs (à moins qu'ils ne soient également auteur compositeur, bien entendu).

Il serait mieux de ne pas tout confondre.

Merci.
AvidaDo...
Le 17 Juillet 2007 à 23h23


Justement, quelque part le sort des auteurs-compositeurs est probablement pire que celui des musiciens ou chanteurs.

Dans une production musicale, un disque par exemple, l'auteur-compositeur est le dernier à etre payé, et ce uniquement si l'oeuvre est commercialisée , et après qu'elle ait rentabilisée son cout de production total. Alors que tout les musiciens de session et chanteurs qui y ont participé doivent tous être payé le tarif minimal (et plus selon leur notoriété) quelque soit le sort de l'oeuvre aprés, qu'elle soit commercialisée et qu'elle ait fait un bénéfice ou pas. Et il arrive très souvent qu'une production musicale ne rembourse jamais ce qu'elle a couté.

Quoi qu'il en soit, c'est loin d'etre un métier de privilèges... Ou alors le privilège est tout simplement de pouvoir vivre decemment de son métier.
ze_katt
Le 18 Juillet 2007 à 01h23


Tu confonds tout.
L'auteur/compositeur ecrit une oeuvre. Il la depose a la Sacem qui va lui payer des droits pendant toute sa vie et a ses heritiers 70 ans apres sa mort selon un mode de calcul plus ou moins obscur.

Si on réduit la durée du droit d'auteur par exemple a 20 ans. Ca ne changera rien sur les revenus de l'auteur au moment de sa création. Si personne n'achète son oeuvre, il n'y aura pas de droits d'auteur. Si il ne réussit pas a rentabiliser en 20 ans, il ne le fera pas en 30 ni en 150 ans.

On peut imaginer que l'auteur va continuer a écrire pendant toute sa vie et qu'il ne sera jamais sans droits d'auteur.

Quand un CD est produit, le producteur paye les musiciens, les techniciens et l'auteur. De plus quand un disque est presse, le producteur paye à la sacem une taxe dépendant du nombre disques édites (et pas du nombre de titre vendus). Je sais pas ou tu as pris que l'auteur était paye en dernier. Si il n'y a pas le visa de la sdrm le disque ne sort pas.

Ceci dit, en dehors de quelques grosses tetes du show bizz, il y a quand même peu d'auteurs compositeurs qui ne soient pas également musiciens pour assurer leur subsistance. Ces derniers gagnent essentiellement leur vie en concert.
AvidaDo...
Le 18 Juillet 2007 à 02h24

Il ya plein de genres musicaux où on ne fait presque jamais de concert (ou extremement peu), la musique electronique, la musique à l'image, certaines musiques contemporaines,instrumentales, etc... Ils assurent leur subsistance tant bien que mal en effet, certains sont ingénieurs du son, programmeurs (synthés), font du sound design et du montage son pour films, travaillent au McDo (!) etc... Quelques "privilégiés" subsistent uniquement grâce à la vente et la diffusion de leur musique.
ze_katt
Le 18 Juillet 2007 à 02h36

Vivre grace de sa musique est une possibilite, pas un droit. Si tu veux gagner de l'argent avec ton disque, il faut que tu trouves des gens pour l'acheter. C'est pas les droits d'auteur qui vont resoudre ce probleme la.
AvidaDo...
Le 18 Juillet 2007 à 02h42

Est ce que j'ai dit quelque part dans un de mes posts le contraire ?
deusirae
Le 18 Juillet 2007 à 07h12


Voilà, tout est dit !!!

Les exemples pris d'auteurs qui gagnent peu sont toujours des exemples d'auteurs "post modernes artistico abstrait" ou "de musique classique moderne", en gros ce que le commun des mortels jugent comme inaudible au pire, juste chiant au mieux.

De même si moi je veux commercialiser un produit (c'est l'été, disons une glace gout ammoniaque) que les gens ne veulent pas acheter, je n'ai pas à m'en prendre à eux, ou à leur faire payer des taxes sur toutes les petites cuillères vendues pour financer mes glaces.

Donc oui, ce droit d'auteur est une privilège énorme, et qui franchement nuit aux non connus plus qu'autre chose (ben vi, si celui qui n'a rien vendu en 20 ans passe dans le domaine publique, la gratuité peut le faire découvrir, et aider à faire de la pubpour ses disques suivants).
AvidaDo...
Le 18 Juillet 2007 à 13h11

Autant je m'en fout que la durée du droit d'auteur soit de 99 siecles ou de 99 secondes, autant je trouve que cet argument est très exactement celui que nous sert tous les jours Pascal Nègre et compagnie pour justifier le bouclage total de l'accès aux medias aux artistes "non-conformes" au moule préfabriqué par le comité exécutif de Universal et cie.
Je me fiche profondement que Johnny Halliday et Michel Polnareff soient ce que "le commun des mortels" juge comme étant audible, et je me reserve le droit de vouloir écouter de la musique "abstracto-post-chiante", et j'espère bien que tout les artistes "chiant et inaudible" de la planète trouveront les moyens économiques et stratégiques de s'imposer malgré et contre toute les tentatives des masses bien-pensantes et "conformes" des les faire rentrer dans les rangs de la "bienséance auditive"

deusirae
Le 18 Juillet 2007 à 13h28
Mais personne n'a jamais dit que le commun des mortels avait bon gout. Nous parlions ici de rentabilité de la musique. Si les gens ne veulent pas acheter un oeuvre parce qu'il la trouvent chiante, c'est quand même leur droit.

Et qu'un artiste qui fait une oeuvre d'un style qu'il sait difficilement vendable se plaingne qu'elle ne se vend pas, là je trouve ca grotesque, comme d'essayer de vendre des congélateur aux inuits et pleurer qu'ils en achètent pas.

Et en poussant plus loin, un droit d'auteur plus court pourrait permettre une plus large diffusion (puisque gratuite) de ces oeuvres au bout de qqs années, et pourquoi pas de les faire découvrir à une population qui en aucun cas ne serait prête à payer pour les entendre.

Quand à l'argument Pascal Nègre, il découle exactement de cela : une radio paye le même prix si elle diffuse la dernière merde à la mode qui lui assure plein d'auditeur (donc plein de revenus pub) que si elle diffuse un artiste inconnu (donc moins d'autiteurs). Si déjà elle pouvait ne pas payer pour diffuser les premiers albums de Ange par exemple, de petites radios sans gros moyens pourrait se lancer dans l'aventure plutot que prendre la facilité.

Si on te fait payer le même prix la ferrari et la clio, peu de gens vont ruoler en clio.
Rampa
Le 18 Juillet 2007 à 13h43
là tu confond artiste et droit d'auteur !

Par exemple, les artistes qui vont te chanter la comédie musicale "les dix commandement" toucherons de l'argent pour leur représentation "au jour le jour" (rien à voir avec le droit d'auteur), par contre l'auteur touchera à chaque représentation pour laquelle il n'aura pas fait le moindre effort !

De plus, chose plus drole, la trouve initiale de la comédie musicale va toucher de l'argent sur la vente de CD... par contre la troupe qui fera plus tard la représentation ne touchera rien... pourtant ils ont fait le même travail d'intermétant du spectacle non ?

Tout ça pour dire qu'il faut pas tenter d'embrouiller le débat (tactique de diversion bien connu), et ne pas confondre droit d'auteur et artiste !
AvidaDo...
Le 18 Juillet 2007 à 14h56


Les grosses maisons de disque ponctionnent 95% des royalties aux artistes avec les mêmes arguments. " Ces flemmards de compositeurs n'ont rien fait d'autre que de créer l'oeuvre, nous on a passé une journée entière à presser les cd en usine, normal qu'on récupère tout"... Ben non, moi je trouve ça tout à fait normal que le créateur d'une oeuvre soit celui qui empoche le plus.
Natasha
Le 18 Juillet 2007 à 16h12

Et ce jusqu'à 70 ans après sa mort ?

Ca incite plutôt l'auteur en question à la paresse non ?

Pourquoi se fatiguerait-il à composer un nouveau succès si le premier lui permet, à lui et ses héritier, de vivre très confortablement du droit d'auteur, pendant une très longue durée (actuellement 70 ans après sa mort) ...

Celui qui découvrira le vaccin contre le SIDA, n'aura pas ce même privilège et, pourtant il apportera plus à l'humanité, que le compositeur d'un opéra, d'une comédie musicale, d'une chanson ou autre musique contemporaine même du genre techno ...

Ne me répond surtout pas, que tu trouves cela normal et ce, même si tu es sociétaire de la "Petite SACEM", que Monsieur Eddy Mitchel aime lui aussi beaucoup !

Merci.

[PS]


Et pendant ce temps la, le SNEP milite pour l'allongement de la durée des droits voisins

Pourquoi d'ailleurs, se géneraient-ils à faire cette demande d'allongement avec des arguments tels que les tiens ?


[Edit] Ajouté un PS
AvidaDo...
Le 18 Juillet 2007 à 16h19


Est ce que tu peux trouver quelque part dans l'ensemble de mes posts sur ratiatum une seule fois où je dis que les droits d'auteur doivent se prolonger jusqu'a 70 ans après sa mort ?
Merci de ne pas m'attribuer des discours que je n'ai jamais tenu.

PS: et je ne suis pas sociétaire de la Sacem, et je passerais vos amitiés à Eddy Mitchel si jamais je le croise dans la rue.
Natasha
Le 18 Juillet 2007 à 16h22



Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire ...
AvidaDo...
Le 18 Juillet 2007 à 16h52


Quels arguments ? Do you speak french ?

Est ce que tu lis au moins les liens que tu mets ? la SNEP veut justement de rallonger les droits des INTERPRETES et des PRODUCTEURS et des MAISONS DE DISQUES par rapport aux compositeurs et non pas l'inverse !!!

Et la SNEP c'est qui ? Allez tiens un indice: Warner, Emi, Vivendi-Universal.
Natasha
Le 18 Juillet 2007 à 17h09

En francais ou en Anglais, nous aurions de problèmes de communication et de compréhension, semblerait-il !

Ce topic traite de la réduction souhaîtable du droit d'auteur à 14 ans. (Ce qui, à mon avis, serait une bonne chose).

Certains ((dont le SNEP) demandent, au contraire, la prolongation de la durée des droits voisins. (Ce qui, à mon avis, n'est pas souhaitable).

As-tu suivi et compris ce fil ?



Allô la lune, ici la terre, me recevez-vous ?
Pieno76
Le 18 Juillet 2007 à 23h38
 


D'abord, content de vous revoir parmi nous M. Petitgirard.

Ensuite j'aimerais juste pointer du doigt un autre fait : Il est de plus en plus dur pour un créateur d'imposer ses (nouvelles) oeuvres sur le marché. En effet, une nouvelle oeuvre n'a, par définition, pas encore eu l'occasion de faire ses preuves. Une ancienne oeuvre aura eu cette occasion.

Voila pourquoi dans une logique de frilosité les majors produisent de plus en plus de reprises.

Si la durée de protection était de 14 ans, toutes les oeuvres créées en 1992 ou avant seraient dans le dommaine public.

Soit toutes les années 50, 60, 70, 80 et le début des 90's.

Que de tubes ces années là !

Imaginez maintenant que les majors pourraient reprendre, sans rien payer, en vrac, tous les beatles, tout Lennon (j'y tiens!) tout cloclo, tous les tubes des années 80 sans rien payer...
...comment un jeune artiste, encore couvert par les droits d'auteurs, pourrait-il être économiquement rentable ?

Un patron de major préférerait-il payer des droits d'auteurs à un inconnu dont la chanson n'a pas encore été matraquée sur NRJ ou bien ne rien payer et faire chanter à un gugus des tubes avérés style Alexandrie Alexandra, Born to be alive, Les démons de minuit, Desenchantée... ?

Idem en radio. Tu crois qu'ils diffuseraient le jeune artiste pour lequel ils devraient payer ou bien la reprise des 70's/80's ou ils ne paieraient rien ?

A mon avis, dans les deux cas, le choix serait très vite fait et la logique économique serait en encore plus grande défaveur pour les créateurs - tous les créateurs.

Bref, à moins que pour vous la musique ne doive se contenter d'être une usine a réchauffer les vieux tubes, ne soutenez PAS cette idée de droits d'auteurs d'une durée de 14 ans !
Jailbreak
Le 19 Juillet 2007 à 01h56
Bah, l'un dans l'autre, si on garde 70 ans après la mort, on matraque, on compile, on best-of, on package, et ce sont toujours les mêmes qui seront visibles

Pourquoi est-ce qu'un major chercherait de nouveaux talents s'il peut être sûr de gagner deux fois plus en rééditant pour la 20éme fois le coffret "With the lights out" de Nirvana?
bourgpat
Le 19 Juillet 2007 à 06h14
 


Vrai hier, moins vrai aujourd'hui ou du fait d'une distribution dématérialisée, ces titres du domaine public seraient alors facilement disponibles gratuitement rendant les reprises plus difficiles économiquement.

Cela obligerait les major à devoir pousser économiquement la nouveauté, car se serai alors le seul marcher rentable. Lorsque l'on voit certaines des publicités télévisée sensée vendre des artistes, ce n'est pas glorieux entre les publicités pour pour les retour de genesis ou police, les artistes récents se retrouvent dans des compilations ou on met en valeur ce qui est deja matraqué ailleurs.

Il faudrait faire que l'investissement dans de la musique nouvelle soit économiquement plus intéressante pour les major que la réutilisation ad vitam eternam des fond de catalogues. Et c'est bien pour cela que les brevets ont eux une durée d'exploitation limité dans le temps. et encore avant d'être dévoyé le système en ne brevetant pas les concepts mais une manière de les réaliser encourageait les autres chercheurs à trouver d'autres façons d'obtenir les mêmes produits. C'est à cause du brevet sur la vulcanisation que des chercheurs ont développé la pétrochimie pour obtenir d'autres caoutchouc.

Elles sont frileuses car rien ne les encourage pour vivre à être obligé de mettre réellement en avant les nouveautés.




muscardin
Le 23 Juillet 2007 à 11h26
personnellement, je suis favorable à un droit d'auteur durant la vie du créateur, assorti d'une période minimale, pourquoi pas 14 ans.


Pieno, tes arguments sont intéressants, mais je ne crois pas que le droit d'auteur y puisse grand chose. Ce me semble plutôt des arguments militant pour l'abaissement de la durée des droits voisins
Kad Redal
Le 23 Juillet 2007 à 11h51


Tu prends un problème pour en conforter un autre... c'est curieux comme raisonnement.
Si toutes les maisons de disques pouvaient proposer demain leurs compilations des "vieux" tubes, il leur faudrait au contraire quelque chose pour se démarquer. "Tout ce qui est rare est cher". C'est comme si tu disais que toutes les maisons d'édition se contentaient d'éditer du Molière et du Victor Hugo...
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