Le pressage à la demande, une révolution pour la culture ? [MAJ]
Cédric L. - publié le Jeudi 09 Août 2007 à 11h48 - posté dans Musique Numérique
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Amazon lance CreateSpace, un site proposant le pressage de CDs, DVDs, et l'impression de livres exemplaire par exemplaire, bouleversant complètement le modèle qui avait régit jusque là les industries culturelles pour l'édition de contenu.

[MAJ] Contacté par nos soins, CreateSpace apporte plus de précisions sur la disponibilité du service en France. "CreateSpace accueille les membres de toutes nationalités, y compris les français" assure Jennifer Little, spécialiste marketing pour la société. "Mais ils doivent connaître quelques détails à propos des impôts afin de se conformer au règlement des Etats-Unis". Il n'est pas exigé des artistes qu'ils soient affiliés à une société de gestion collective des droits d'auteur du type Sacem mais il leur est en revanche demandé de fournir un numéro ITIN, qui permet au gouvernement de percevoir la taxe et peut être demandé par les résidents étrangers. Concernant la retenue d'Amazon sur les ventes, les informations peuvent être trouvées ici.

Vendre son CD auto-produit sur Amazon. La perspective avait jusque là aussi peu de chances d'effleurer l'esprit d'artistes en herbe que d'aboutir sans l'intermède d'un label. Mais la tendance actuelle voudrait justement se passer de ces intermèdes pour faire du direct : de l'artiste au consommateur, et Amazon casse un obstacle de plus à cette transition.

Son site CreateSpace permet en effet à l'artiste lambda de mettre sa production sur la plus célèbre des plateformes de vente. Pour ce faire, il lui suffit de créer un compte, puis d'y charger le contenu (informations, artwork) qu'il souhaite mettre en vente, et d'envoyer une copie du "master" du disque.

Amazon lui renvoie ensuite une copie physique de son oeuvre, qu'il aura alors à valider ou non selon ses exigeances. C'est la procédure habituelle à laquelle sont soumises toutes les maisons de disques lorsqu'elles ont affaire à un presseur, excepté pour un point. Une fois le disque approuvé, Amazon ne pressera aucun exemplaire, mais attendra qu'on le lui en commande pour fabriquer la galette.

Ce concept est particulièrement révolutionnaire car jusque là, il avait toujours fallu aux artistes (ou leur éditeur) presser un certain nombre d'exemplaires pour que l'opération se révèle rentable. Et personne n'aurait imaginé presser disque par disque, à moins de graver "maison" sa production mais sans que le produit final ait la qualité d'un disque sorti d'usine.

Si l'on met de côté les coûts liés à la production de l'oeuvre (enregistrement, etc.), le risque financier lié au pressage, et qui fait le soucis de nombreux éditeurs quant à savoir la quantité d'exemplaires à sortir, est réduit à 0, d'autant plus que CreateSpace ne requiert pas de forfait ou de minimum d'investissement. Un album pressé = un album vendu. Amazon a réussi ce coup de maître, qui a été de mettre en place une solution de pressage sur mesure qui lui soit rentable.

Mais cette mini-révolution ne s'arrête pas au secteur du disque. CreateSpace propose aussi le pressage de DVD, HD DVD, Blu-Ray, le téléchargement de vidéos et même l'impression de livres, ouvrant ainsi ses portes aux cinéastes, concepteurs de jeux-vidéo et écrivains. C'est donc toute l'industrie culturelle dans son ensemble - du moins dans son activité d'édition - qui est rendue complètement caduc.

Alors bien sûr, un artiste n'est pas forcément un bon commerçant, et les maisons de production garderont toujours une certaine utilité, mais la solution proposée par CreateSpace a de quoi faire avancer d'un pas de géant l'auto-production, ou plutôt faudrait-il dire l'auto-édition.

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Amazon, CreateSpace
 
 
25 commentaire(s)
 
mimi68
Le 09 Août 2007 à 12h28
 
Ceci rapproche t-il un peu plus les maisons d'éditions tel qu'elles existent aujourd'hui de la fin ?
AlfX
Le 09 Août 2007 à 12h33
Et bientôt une news : Amazon attaqué par les majors pour concurrence déloyale et mise en péril de leur activité ? On va bien rire encore
bile666
Le 09 Août 2007 à 13h18
Chapeau !! c'est idée est tout simplement génial et on l'attendait depuis longtemps.

par contre, imprimeront-ils le livret vendu généralement avec le cd ?
C&eacut...
Le 09 Août 2007 à 13h49


Je pense, oui, vu que l'artwork est compris. Maintenant, je ne sais pas jusqu'à quel point ce livret peut être poussé.
lionel
Le 09 Août 2007 à 14h32
 
Ca fait belle lurette que je réve d'un systeme de ce genre aplliqué auc backcatalogues des labels : fini la quete interminable de la perle rare, du maxi cd edité à trés peu d'exemplaires ou distribué uniquement dans un pays lointain. Pouvoir commander une réedition de qualité quasi professionnelle de n'importe quel cd, plutôt que devoir parcourir le web pour le trouver d'occasion, quel pied. Une sorte d'itunes avec des supports physiques.

Seul hic, aucune majotr ne joura le jeu. Poyurquoi donner accés a tout leur catalogue passé, il vaut mieux vendre du "nouveau jetable", plus rentable que des "classiques" toujours autant apréciés du public.
mimi68
Le 09 Août 2007 à 14h39
 
Il n'y a pas déjà une société qui fait cela pour les livres ??

J'ai lu un truc dans le genre mais je n'arrive pas à retrouver.
hottof
Le 09 Août 2007 à 15h01
Ca à l'air bien mais deux questions me viennent à l'esprit:

-Combien touche l'artiste?
-Faut il etre inscrit chez SACEM & Co?
AvidaDo...
Le 09 Août 2007 à 15h10
J'ai regardé les details sur leur site, et c'est loin d'être une si bonne affaire que ça. Si on fait faire moins de 500 cd à la fois, le cout de revient oscille entre 4 à 5 $ (avec un simple livret 4 pages). Si en plus ils le distribuent sur Amazon.com, ils prennent 45% du prix de vente. Comme le shipping se fait obligatoirement depuis les States, il faut rajouter à peu près 3$ , avec un délai de 2 à 3 semaines. Ce qui oblige donc à vendre le cd au minimum 13-14$ pour voir un quelconque benefice. Du coup, la réaction sera la diatribe habituelle "oh, la musique c'est trop cher, je vais le donc le pirater, blablabla..."

Chez un presseur ordinaire en france, à partir de 500 copies, le cd tombe à 2€ l'unité, et à 1€ pour 1000 cd. Ce qui permet de le vendre bien en dessous de la barre psychologique des 10€, par des vendeurs en ligne européens analogue à Amazon (avec donc un délai de livraison pour l'europe bien moindre).
Natasha
Le 09 Août 2007 à 15h22


Coût taxes dues à la SDRM compris ou non ?


Phenix
Le 09 Août 2007 à 15h43
Mouai mais si tu commandes un cd sur ce principe donc à pressage à la commande, tu t'attends forcément à le payer plus chère de facto sans bien sûr aller dans le cd à 35 euros.

mimi68
Le 09 Août 2007 à 15h44
 
Ce n'est pas aussi simple.

Presser 500CD oblige à mettre en place un service de distribution et de stockage. Ici, rien de tel.

Il faut sans doutes laisser au système le temps de s'implanter. Et voir venir. Si cela marche sur l'europe, il y aura sans doutes une plate forme de pressage ici aussi et les couts vont baisser. Et ce n'est pas un outils destiner a gagner beaucoup d'argent. Ceux qui vendent les CD par millier et gagnent réellement de l'argent ne vont pas être intéressé. Pour l'instant.
C&eacut...
Le 09 Août 2007 à 15h48


Là, tu parles des commandes de duplication, c'est à dire de prendre Amazon en tant qu'usine de pressage en vue de vendre les CDs à ta guise, mais l'intérêt réside à mon avis plus dans sa solution de plateforme de vente avec pressage intégré (on réduit encore plus les intermédiaires). L'E-Store garde 15 % des ventes, et Amazon 45 %, il reste donc 40 % à l'artiste, ce qui est largement plus que les plus ou moins 10% restants avec le fonctionnement traditionnel. L'autre intérêt pas négligeable, c'est aussi (et surtout) qu'il permet de presser CD par CD selon les ventes, ce qui évite ce que les labels ont toujours été obligé de faire, se constituer des stocks de CD en misant sur une quantité dont rien n'indique qu'elle sera vendue, ou au contraire qu'ils arrivent en rupture (ce qui est quand meme moins souvent le cas) et doivent décider si ça vaut le coup de le rééditer ou pas. Bref, ça simplifie beaucoup de choses.

Pour les questions liées à la Sacem (et il est vrai que certains disquaires, la Fnac par exemple, refusent les CDs d'artistes qui ne sont pas affiliés), je viens d'envoyer un mail pour obtenir plus de précisions et aussi sur la disponibilité du service en France. Cette initiative devrait de toute façon beaucoup profiter aux petits artistes avant tout et n'est pas forcément intéressante pour les plus gros poissons.
muscardin
Le 09 Août 2007 à 16h23
Il faut attendre encore un peu et espérer que cela aie du succès.

On verra alors de la concurrence apparaître et la marge du vendeur-éditeur (et sans doute celle de l'artiste aussi... ) fondre un peu.

Un grand bond en avant quand même.
AvidaDo...
Le 09 Août 2007 à 16h44


Pourtant rien n'empeche de garder les 2 séparés, puisque ça revient beaucoup moins cher.
Je prends par exemple neomusicstore pour l'europe, celui ci prends une commission fixe de 30 cents par CD, quelquesoit le prix de vente du cd fixé par l'artiste, on est bien loin des 45% du prix de vente par amazon. Si mon cd me revient 1 euro pour le pressage (chez un presseur ordinaire), plus 30 cents pour le store qui s'occupe de le distribuer, c'est un cout de revient total de 1.30 euros, le reste c'est du benefice (dependament du prix de vente, qui là pour le coup peut-etre largement en dessous de 10 euros meme avec les frais de livraison).
En passant par createstore et amazon, c'est 5$ pour le pressage, plus 45% du prix de vente, donc on est obligés de vendre au minimum à 6 ou 7$.

J'ai vraiment du mal à voir en quoi la solution de createstore serait plus economique ou revolutionnaire pour un artiste autoproduit, surtout s'il veut essayer de vendre son cd pour moins de 10 euros.
Natasha
Le 09 Août 2007 à 16h47


En France, tu sembles oublier, qu'en ce qui concerne le pressage de CD il y a une étape préalable obligatoire à franchir et : c'est la déclaration préalable à la SDRM, qui sert à la SACEM à collecter les droits d'auteurs à reverser.

Pour remplir cette déclaration le plus simple est de le faire via leur site internet : www.sacem.fr

A noter : si les morceaux ne sont pas déposés à la SACEM, il n'y aura rien à payer, sinon compter 6% du prix de vente public par CD.

Le formulaire est assez simple il suffit de donner le nom du producteur et celui du fabricant en précisant chaque morceau qui figurera sur le CD avec ses auteurs/compositeurs.



Le système et le coût tels que tu les décrits, ne pouvant, à mon avis, ne concerner que la gravure ou le pressage de morceaux qui n'ont pas été déposés à la Sacem...

Voir par exemple ici ,

Ou encore là


Le mieux étant encore de se renseigner directement Sur le site de la Sacem concernant cette procédure préalable à la gravure




C&eacut...
Le 09 Août 2007 à 17h02


Parce qu'elle permet de presser CD par CD, ce qui est à mon sens révolutionnaire. Combien d'artistes ou de labels se retrouvent avec des stocks de CDs qu'ils n'arrivent pas à écouler et qui traînent dans des cartons remplissant toute une pièce ? Pour ma part, j'en ai vu pas mal. Ca coûte de la place, mais aussi de l'argent en copies qui ne seront peut être jamais vendues. Creastore permet, en plus de minimiser les risques dans l'investissement édition, de profiter de la plateforme Amazon ce qui n'est pas négligeable non plus vu l'exposition du site, car sans label derrière, on peut toujours courir pour avoir son album vendu sur la plateforme (même si j'en fais pas une généralité non plus).

Après, que le système de pressage seul d'Amazon ne soit pas intéressant, peu importe. Je pense surtout qu'ils offrent l'option pour les artistes souhaitant avoir un petit stock de copies pour vendre en concert ou envoyer à la presse. Mais le fait est que sortir un CD demandait jusque là toujours un certain flair pour estimer ses perspectives de vente, et des tas de débutants vont en usine presser 500 exemplaires en ayant toutes les misères du monde après pour en écouler à peine la moitié. Un surplus de CDs n'est pas vraiment gênant pour un "gros" label mais dans les budgets restreints, ça pèse beaucoup. Je pense que c'est surtout profitable pour les musiques peu vendeuses (expérimentales entre autres) et les artistes auto-produits qui se lancent dans l'aventure sans savoir si leur projet marchera ou pas.
djjeffo...
Le 09 Août 2007 à 17h26


c'est pas con mais ça doit pas être du pressage mais du gravage

pour le pressage il y a un minimum normalement

Perso j'ai déjà produit des compiles sur ce type au format MP3 (56 titres)

Je payais les droits d'avance aux artistes et je fabriquais à la demande
Phenix
Le 09 Août 2007 à 20h22
Bon plus qu'à attendre l'équivalent en magasins où on pourrat arriver avec se clé USB et choisir ses titres .
bourgpat
Le 09 Août 2007 à 21h12
 
Beau rêve mais il risque de falloir passer par un matériel propriétaire pour chaque enseignes afin de garantir aux ayant droit la non possibilité de piratage et l'utilisation exclusive par le matériel de départ.
C&eacut...
Le 10 Août 2007 à 12h34


Réponse de CreateSpace à ta question :

CreateSpace welcomes international members including French artists, and our service provides an excellent way to sell a film, video, CD or book in the USA. In fact we have many international members using our services today. But there are a few extra details international members need to observe with regard to tax withholdings in order to comply with U.S. regulations. We require that international artists provide us with their ITIN tax number. If they do not have one, they can apply to the US government for an ITIN number by filling out form W-7 and the U.S. government will issue a number. In addition to the ITIN number, we also require a W-8 form stating what country the member resides in and which treaty, if any, determines the tax rate.

We do not require French members to be registered at a copyright society. We do require, however, that all members own or have obtained all rights to their content. Please let me know if you have any other questions on this. You can also review our copyright guidelines here at http://www.createspace.com/Help/Rights/Cop...tGuidelines.jsp.

Our pricing, also on our website at www.createspace.com, is as follows:

For books, CreateSpace charges a flat $3.15 unit fee plus $.02 per black and white page or $.12 per color page. CreateSpace also charges an additional 20% share for each book sold through their eStore. Amazon’s revenue share is 30% for books sold on Amazon. More information on our Books on Demand service can be found at http://www.createspace.com/Products/BooksOnDemand.jsp


For DVDs and CDs, CreateSpace charges a $4.95 unit fee plus an additional 15% for sales made through an eStore. Amazon’s revenue share for each disc (DVD or CD) sold on Amazon.com is 45%. More information about our DVD on Demand and CD on Demand services can be found at http://www.createspace.com/Products/DVDOnDemand.jsp.
Elisheva
Le 10 Août 2007 à 19h30

Si on en revient aux même défaut que les Cds avec Drm, ça ne va pas prendre auprès du public. Avec le risque évident que les majors refusent de voir que ces systèmes anti-copie sont un frein à la vente, et concluent faussement que c'est le concept qui n'a pas d'avenir.

Sans drm, avec un tarif attractif (en fonction du prix de revient et avec un vraie part pour l'auteur), ce système pourrait prendre rapidement. Combien de gens renoncent à acheter un Cd à 20€ parce que c'est trop cher pour seulement trois bons titres (sur les 12 d'un abum)?

Et bien sûr, il faut que ce gravage à la demande soit de qualité: si on paye pour avoir un Cd type "gravé maison" (avec finition brute, sans ce film de protection présent sur les Cds du commerce), le produit risque d'être fragile et l'acheteur peut se sentir floué.

Autre chose: est-ce vraiment une bonne idée pour les auteurs? Ne va-t-on pas ainsi privilégier une consommation de singles au détriment des albums entiers? Facile, après tout, de demander une compilation des tubes du moment, en oubliant que ce sont souvent des extraits d'albums entiers. La création d'albums sera-t-elle encore rentable?
djjeffo...
Le 10 Août 2007 à 19h33


Ben ça c'est déjà commencé et c'est tout à fait normal

Pourquoi le consommateur devrait payer à l'artiste 12 titres si il y en a que 3 de bons qu'il va écouter

Le consommateur n'est pas une oeuvre charitative non plus, c'est entre autre pour ça que le CD est mort d'ailleurs
Elisheva
Le 10 Août 2007 à 20h35

Aujourd'hui, si trois titres te plaisent, il y a peu de chances que ce soit les trois qui sortiront en singles (si encore ils font trois singles sur l'album). Donc pour le même prix, cela t(incites à prendre directement l'album complet.

Avec ce système, le tri au titre près devient la norme, car on peut faire un single de n'importe quel titre de n'importe quel album.
djjeffo...
Le 10 Août 2007 à 20h48


oui et c'est déjà le cas sur les sites de vente de MP3
c'est un progrès énorme.....tu n'achètes que ce que tu aimes (mais par contre il faut écouter avant)

En l'occurrence là ça marche pas car les majors sont vraiment très cons mais c'est génial par rapport à avant
Edzilla
Le 13 Août 2007 à 09h18
 
Moi, j'attends la meme chose avec les livre. Combien de fois j'ai galere a trouver le 2eme dans une serie de 3, par ce que l'editeur avait reedite le 1er et le 3eme, mais que la derniere edition du 2eme datait d'il y a 8 ans!!
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